Petit magasin textile typique
Des pyramides de bobines s’élèvent sur les étagères, du rouge corail au bleu nuit, en passant par des jaunes si vifs qu’ils semblent attraper la lumière du jour qui filtre par la porte ouverte. Le vendeur, un homme aux doigts tachés d’indigo, déroule un coupon de lin brut sur le comptoir en bois. Il parle vite, mêlant l’arabe et le français, et je ne saisis que la moitié des mots, mais ses gestes sont une évidence : il connaît chaque fil, chaque torsion, chaque promesse de tissu.
Un détail me retient : une petite bobine de fil doré, presque cachée dans un coin, avec une étiquette délavée où l’on devine une écriture à la main. Je l’imagine passant entre les doigts d’une couturière, cousant un ourlet, réparant un vêtement, ou peut-être même brodant un motif secret. C’est cela, le vrai luxe : ces fils qui relient les gestes d’hier à ceux d’aujourd’hui, dans ce petit magasin qui sent la poussière et la soie.